Yoga  

Il est difficile de dater l'apparition du yoga, en Inde, avant ou pendant l'époque védique. Le premier traité systématique sur le yoga est attribué à Patanjali. Celui-ci aurait, à une période que l'on situe entre le 2e siècle avant et le 4e siècle après JC, rendu compte, sous une forme concise, de pratiques et points de vue qui s'étaient élaborés progressivement.

Le mot "yoga" signifie "relier"

A ce titre, "faire du yoga", ce n'est pas seulement pratiquer des postures, ou travailler avec la respiration, ou se relaxer, ou encore méditer.

Le yoga se définit avant tout comme un processus de transformation et de clarification mentale, dans lequel le travail conscient avec le corps et le souffle fait partie des moyens.

Au quotidien, la pratique du yoga invite à associer trois éléments : premièrement, la pratique elle-même : une action qui, dans une recherche de régularité, représente une certaine discipline (postures, techniques respiratoires, travail de l'attention) ; deuxièmement, l'observation de soi, de ses propres fonctionnements et réactions; enfin, une qualité de "lâcher-prise" - acceptation tranquille des réalités, de ce qui peut être changé et de ce qui ne peut pas l'être à un moment donné -, ou de confiance.

La pratique régulière de séances de postures, associées à la respiration, est fondamentale pour favoriser un meilleur équilibre ostéoarticulaire, musculaire, respiratoire, fonctionnel ; mais elle est aussi utile pour, dans cette plus grande "paix du corps", se donner plus de chances d'observer posément l'activité psychologique et mentale, et de la canaliser. L'objectif serait ainsi, par ce processus d'observation renouvelé, d'acquérir plus de réalisme et, dans la conscience des déterminants propres à chacun, plus de liberté intérieure.

Par l'association des notions d'action régulière, d'observation et de "lâcher-prise", la pratique du yoga constitue ainsi le modèle d'une certaine attitude :

  • agir dans le but d'obtenir certains résultats, certaines transformations,
  • sur cette base, observer ce qui ce passe, et tenter d'améliorer la qualité de l'action, de la rendre plus efficace,
  • mais, en même temps, constater l'éventuelle divergence entre ce qui a été recherché et ce qui est obtenu, sans en être pour autant fortement déstabilisé.

Par ailleurs, il n'est pas demandé à celui qui aborde la pratique du yoga d'abdiquer son esprit critique. Ainsi, on pourrait s'interroger sur le bien-fondé d'attitudes dont voici quelques exemples :

  • l'investissement sans discernement dans un yoga "super-gymnastique" pour le "fitness", susceptible, par l'intensité de certaines postures, de susciter des dégâts,
  • la conception des séances de yoga comme des moments où on va apprendre à se relaxer, en s'en remettant passivement à un professeur,
  • l'application de "recettes / yoga" systématiques à des problèmes particuliers ("telles postures pour le diabète, telles autres pour l'asthme, etc..."),
  • l'adoption de modes de vie plus associés à l'hindouisme qu'au yoga lui-même,
  • la réduction d'une vie relationnelle sous prétexte de l'établissement d'une nouvelle discipline...

Le yoga ne s'apprend pas dans un livre, mais avec un professeur.

Il ne s'agit pas de s'en remettre aveuglément à un professeur, mais d'entrer avec lui dans une interaction qui permette un réel progrès. Votre confiance s'établira probablement peu à peu, à travers ce que vous constaterez de son attitude, de ses compétences et des effets de ce qu'il vous enseigne. Ceci implique, de sa part, de la clarté, des qualités techniques, morales, relationnelles; de la vôtre, à tout le moins un désir d'apprendre, de mettre une certaine énergie dans votre pratique et dans l'affinement de votre esprit d'observation.

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